Des kilomètres de riche.

Ces dernières vacances ont été très … kilométriques.

En 10 jours, je suis allée de Lyon à Paris, puis en Bretagne, puis à Paris, puis à Strasbourg et enfin retour au bercail aujourd’hui. J’ai partagé beaucoup de bons moments avec beaucoup d’amis très chers, que je vois, ou très rarement ou très souvent. J’ai surtout fait des kilomètres. Des kilomètres de pauvre. En covoiturage ou en Ouigo….

Entre un vol Paris – Shanghaï de 12h, avec des familles chinoises qui parlent fort et qui s’amusent de leur bébé qui hurle, les jambes enflées et des choses indéfinies à manger ou un covoiturage Batz-Sur-Mer – Porte Maillot de 6h, avec une babos sexagénaire et son mari marin, le best-of de Bob Dylan et un sandwich mou sans gluten. Y a pas à dire, je prends le vol long courrier. Pourtant, Dieu sait que l’impact carbone d’un gros avion m’effraie comparé à celui de la Nissan Juke “pleine de sable, vous savez, quand on a 9 petits-enfants, uh uh !”

Une fois ma conscience écologique, mon goût pour les chanteurs folks, pour le commandant Cousteau et pour les choses molles mis de côté, je déclare haut et fort que je préfère voyager luxueusement (ne vous affolez pas, je reste fonctionnaire, je voyage en classe économique).

C’est pourquoi, aujourd’hui, j’ai pris le train pour rentrer de Strasbourg plus rapidement. J’avais des paillettes dans les yeux. Ça m’a coûté un bras et peut-être même une partie du foie, mais parait-il, cet organe se régénère, alors, ma foi, ce n’est pas bien grave ! J’ai eu la chance de pouvoir me lever 3 fois pour faire pipi (c’était un long trajet) sans avoir besoin de demander la permission au conducteur (j’ai d’ailleurs évité le fameux stress du pipi du bouchon*). Je n’ai parlé à personne – pas même au contrôleur car je lui ai juste souri (dès fois, ça suffit). J’ai pioncé en écoutant de la musique sans que personne ne me prenne pour une malpolie. J’ai lu par dessus l’épaule de mon voisin qui avait l’air d’un voyou mafioso, avec des grands yeux bleus et qui lisait “Ainsi parlait Zarathoustra” de Nietzsche, c’était étonnant. J’ai pique-niqué en 3 étapes pour que ça m’occupe plus longtemps (lavage de main au gel, déballage, manger du pain, remballage, faire autre chose, lavage de main, déballage, manger des gâteaux, remballage, faire autre chose, lavage de main, déballage, boire une compote, remballage). J’ai regardé dormir un bel être qui avait l’air d’avoir la peau très douce. J’ai maudit une vieille prof d’histoire-géo qui, non seulement, devait être la risée de tous dans son collège vu son style désuet, mais qui aussi, mettait des appréciations horribles à ses élèves, comme “mal !”… (Je vous épargnerai le discours de pédago sur ce que je pense de ce genre de bienveillance.) J’ai aussi compté 5 renards dans les prés. Quel luxe !

Je me suis sentie bien plus riche alors qu’en vrai, j’étais vachement fauchée. Surtout, ça m’a fait du bien de faire ma vie, seule, dans mon grand train.

Illustration – Brecht Evens

* Le pipi du bouchon décrit le fait d’avoir envie de faire pipi, un petit peu mais, qui, dès qu’on entre dans des embouteillages, avec l’incapacité totale de se soulager rapidement, s’intensifie excessivement, jusqu’à la crise d’angoisse, à tel point qu’on est prêt à descendre de la voiture et pisser au milieu du périph. (Ce phénomène s’applique également au long trajet en bus ou métro et au séance de cinéma lors de films de plus de 2h, quand on est coincé au milieu d’une rangée).

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